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Angela Gregory: Monuments et Commandes Architecturales
Angela Gregory (1903-1990) était une sculptrice de la Nouvelle-Orléans, renommée au niveau international à partir de 1928. Pendant sa carrière, elle a créé plus de cent bustes et portraits et nombreuses plaques et médailles. Cependant, elle est plus connue pour une vingtaine de commandes architecturales, y inclut plusieurs oeuvres au Capitole à Bâton Rouge, et trois monuments publics, dont un à Port Allen.
Angela a commencé sa carrière seulement quelques années après le droit de vote féminin a été adopté aux États-Unis, dans une époque où le monde artistique était complètement dominé par les hommes. Même si les figures célèbres d’architecture reconnaissaient Angela pour son talent et sa diplomatie depuis le début, il a fallu des années avant que le public ait été prêt à accepter une femme comme artiste professionelle.
Angela s’occupait de tous les aspects de son métier. Elle se servait des plans architecturals; elle faisait de la recherche et exerçait du discernement artistique; elle préparait des maquettes et des modèles réduits; elle surveillait le travail des équipes de maçons dans la réalisation des oeuvres en pierre, ou des équipes de plâtriers dans la construction des moules et le moulage en plâtre; elle veillait sur la mise en caisse des sculptures pour le transport; et elle supervisait la mise en place finale de ses oeuvres.
Angela a eu sa formation dans l’atelier du maître Antoine Bourdelle, un des sculpteurs le plus connus dans le monde entier au début du 20eme siècle. Elle était la seule femme à être admis sous sa tutelle. En 1940, Angela est devenue la première personne à obtenir une maîtrise en architecture de Tulane University. Elle a été admise dans le National Sculpture Society en 1931; à son décès en 1990, elle était toujours une des seules femmes dans ce groupe.
Ses Origines Artistiques
Angela Gregory a attribué son désir de devenir sculptrice aux histories que sa mère lui a raconté de la sculpture des anges sur la façade de la chapelle à Newcomb College. À 14 ans, elle a déclaré qu’elle voulait “couper de la pierre,” une envie qui a donné forme à sa vie. Angela a été chanceuse que son père, William B. Gregory, était ingénieur brilliant, et sa mère, Selena Bres, a été une artiste de grande reputation. Selena lui a donné ses premiers cours d’art à la maison.
Comme sa mère, Angela est devenue l’étudiante des frères Woodward à Newcomb College, avec qui elle a étudié entre 1921 et 1925. Des cours de sculpture n’étaient pas offerts aux femmes à cette époque, alors des cours ont été organisés avec Albert Reicker (1889-1959) au Arts and Crafts Club au Vieux Carré (the French Quarter) à la Nouvelle-Orléans et au studio de Charles Keck (1875-1951) à New York. Ensuite, Angela a cherché et reçue une bourse d’études au Parson’s School of Design à New York. Mais des cours de sculpture n’étaient pas offerts aux femmes ici non plus. Au Parson’s, elle a suivi des cours de l’illustration pendant neuf mois, même si ce n’était pas son intérêt principal.
Il y avait plus d’occasions pour des femmes d’étudier et exposer leur art en Europe. Alors, Angela a courageusement approché Antoine Bourdelle, protégé du maître Auguste Rodin. Bourdelle a été si impressioné avec la ténacité d’Angela qu’il a offert de lui donner des cours gratuitement. Bourdelle lui a enfin donné les clés de son studio; après deux ans de formation, il a fait cadeau à Angela d’une machine créé par Rodin; cette machine servait à mesurer une sculpture pour faire des copies plus grandes ou plus petites. En 1932, Bourdelle a prévu que des oeuvres d’Angela soient exposés avec des siens au Salon des Tuileries.
Angela est revenue aux États-Unis en 1928, et a reçu sa première commande architecturale peu après. Son père l’a aidé à construire un studio sur Pine Street à la Nouvelle-Orléans, derrière la maison familiale; soixante ans plus tard, Angela y travaillait toujours.
Photo caption: Angela Gregory dans son studio, travaillant sur des motifs sculptés en relief pour la façade du palais de justice à St. Landry, 1938. Photographe: Dan Lyrer. Allen Phillip Jaffe, Historic New Orleans Collection.
Une Tâche Monumentale
Pendant son séjour à Paris, Angela Gregory a pu découvrir les traditions architecturales européennes, comme le style Beaux Arts et l’Art Nouveau. Le mouvement artistique “Art Déco” a apparu à Paris vers 1910 et est devenu répandu partout en Europe à la fin de la deuxième guerre mondiale. Ce mouvement artistique est caractérisé par des formes géométriques et anguleuses et des matériaux industriels comme le chrome, le béton, l’acier, et le verre gravé. L’Art Déco a eu une grande influence sur les architectes américains dans les années 1930 et 1940, et était favorisé par le gouverneur de la Louisiane, Huey P. Long. Quand Angela est revenue aux États-Unis en 1928, elle était uniquement préparée à participer dans la tendance pour l’Art Déco en Louisiane.
Même si Angela a adopté ce nouveau style artistique, elle est restée fidèle aux principes qu’elle a appris avec Antoine Bourdelle. Elle a toujours commencé avec des esquisses. Ensuite, elle préparait des maquettes de plusieurs tailles pour explorer les possiblités de forme et composition. Après avoir choisi la version finale, elle créait un modèle en plâtre; ce modèle était copié en bronze à la fonderie, ou en pierre par des maçons. Pour certains projets, elle sculptait la pierre elle-même. Pour Angela, un projet pourrait prendre entre quelques mois et cinq ans. Elle a choisi de garder certaines de ses maquettes; d’autres, elle a donné comme cadeaux; encore d’autres étaient vendus. Angela était fier de son jugement créatif, et a toujours affirmé que, “L’ornementation sur une bâtisse devrait être conçue comme une partie harmonieuse de la structure, non pas de la décoration ajoutée comme réflexion ultérieure.”
Angela Gergory en train de sculpter le pélican monumental pour la façade de la bâtisse du Orleans Parish Criminal Court, 1927-28. Historic New Orleans Collection
Angela Gregory: Le monument à Henry Watkins Allen
L’intérêt dans le centenaire de la Guerre Civile (la Guerre de Sécession Américaine) dans les années 1960 a provoqué un comité local de créer un moment en l’honneur de Henry Watkins Allen, à qui la ville de Port Allen doit son nom.
Allen, un personnage très controverse aujourd’hui, était esclavagiste, sudiste, propriétaire de la plantation Allendale dans la paroisse de West Baton Rouge, officier dans l’armée confédérée, et le deuxième (dernier) gouverneur de la Louisiane pendant qu’elle faisait partie des États Confédérés.
Pour créer le monument, le comité a embauché Angela Gregory, une sculptrice de la Nouvelle-Orléans très connue pour son rôle pionnier dans le mouvement l’Art Déco aux États-Unis. Le monument à Henry Watkins Allen a été édifié à côté du palais de justice en 1962, avec des manifestations de la fierté civique. En 1992, le monument a été déplacé à l’autre côté de la rue, en face du palais de justice, où il se trouve actuellement. Mais pourquoi est-ce qu’un monument dédié à cet homme était-il tellement recherché et célébré?
Aujourd’hui, le public est divisé sur le mérite des monuments dédiés aux hommes des États Confédérés. Au fil du temps, le contexte autour des oeuvres d’art public change, tout comme le sentiment de la communauté. Cette exposition explore la création de ce monument pour offrir de la perspective sur l’histoire de Port Allen quelconque le caractère de l’homme lui-même, et pour souligner le fait que ce monument est un oeuvre d’art notable créé par une artiste femelle de grande importance.
Le centenaire de la Guerre Civile (1961-1965)
À la demande du président Dwight D. Eisenhower, le congrès a créé le U.S. Civil War Centennial Commission en 1957. Ce comité national a planifié une grande commémoration - le American Civil War Centennial. Cette commémoration était censée de durer quatre ans, pour coïncider avec la durée de la guerre entre les états. L’objectif était de stimuler l’engagement aux idées de liberté chez les citoyens américains. Cette époque était le sommet de la Guerre Froide entre les États-Unis et l’Union Soviétique, et une telle initiative a été considérée comme importante – mais cette époque était aussi celle du mouvement des droits civiques, et l’idée de commémorer la Guerre Civile s’est révélée très contentieuse. La commémoration a commencé en 1961 pour marquer le centenaire du bombardement du Fort Sumter en Caroline du Sud, l’événement qui a déclenché la Guerre Civile. Mais malgré les intentions du président, du congrès et de l’organisation, la “célébration” est rapidement devenue un conflit d’intérêt très chargé. Au centre de la question – la façon dont l’esclavage et la Guerre Civile seraient présentés et perçus.
Le comité national n’avait pas désigné un thème spécifique pour la commémoration; les comités locaux étaient encouragés de monter des activités de commémoration dans leurs propres états et de choisir les priorités selon les vues culturelles et politiques de la population. Le gouvernement de la Louisiane a accordé très peu d’argent pour financer le projet, mais a réussi à distribuer des publications et à promouvoir le tourisme à certains sites historiques. Comme dans les autres états du sud, les comités locaux en Louisiane ont fait le choix de célébrer les chefs des États Confédérés comme des héros, de propager une image idéalisée de la vie sur les plantations, et d’éviter toute mentionne de l’esclavage.
Encore pire, des groupes ségrégationnistes ont pris l’occasion de présenter leur propre interprétation de l’histoire: que les États Confédérés avaient été un gouvernement légitime, et que les descendants des sudistes devraient être fiers des faits de leurs ancêtres. En Louisiane comme ailleurs, ces groupes ont organisé des activités et des défilés pour montrer cette fierté, ce qui a prouvé désastreux pour la réputation de la commémoration.
Après seulement une année, l’intérêt dans le centenaire a déjà beaucoup diminué; à la fin de quatre ans, au lieu d’une grande finale, le public s’est montré largement indifférent. La commémoration n’a pas atteint ses objectifs originaux, mais elle a provoqué la naissance des nouvelles perspectives sur l’histoire et a affirmé l’importance de l’éducation.
“Puffy” et le Comité Local
Ethel “Puffy” Claiborne Dameron (1890-1976), une philanthrope de Port Allen, a pris le centenaire de la Guerre Civile comme occasion de créer un monument historique en l’honneur de Henry Watkins Allen. Elle voulait édifier ce monument au palais de justice de West Baton Rouge, qui était une nouvelle bâtisse à cette époque. Puffy a formé un comité local pour réaliser cet objectif, puis elle a pétitionné le gouvernement de l’état pour financer le projet en 1959. Le State Senate Finance Committee a décidé qu’il n’y avait pas assez d’argent, malgré le plaidoyer du sénateur William Rainach, qui avait pris le projet au sérieux. Rainach était un ségrégationniste et partisan de la suprématie blanche; il a soutenu la création d’un monument en l’honneur de Allen parce qu’il partageait ses vues.
Imperturbable, Puffy et son comité a approché le State Board for Liquidation of State Debt, qui a offert $15,000. Puffy a invité la sculptrice Angela Gregory à créer le monument. Angela avait établi sa réputation après avoir travaillé sur la Capitole à Bâton Rouge et sur le monument colossal en l’honneur de Sieur de Bienville à la Nouvelle-Orléans. Angela a accepté de participer dans le projet.
Puffy et des membres du comité ont rendu visite à Angela dans son studio à la Nouvelle-Orléans en décembre 1961, avant que la dernière version du monument (en plâtre) ait été envoyé à la fonderie pour être copié en bronze.
Photo caption: le comité local rend visite à Angela dans son studio. De gauche à droit: Libby Hill; Marguerite Genre; Evie Terrill; Mary Dameron; Virginia Phillips; Teddy Landry; Paula Munson; l’artiste Angela Gregory; et Puffy Dameron, assise. Photographe: Dan Leyrer, 1961; West Baton Rouge Historical Association collection
La Cérémonie Dédicatoire
Dimanche, le 3 juin 1962, Puffy et son comité, des politiciens locaux, et des membres du public ont rassemblé pour l’inauguration du nouveau monument. La date avait été chosie pour coïncider avec le Confederate Memorial Day, une fête initiée après la Guerre Civile dans plusieurs états mais qui n’est plus observé en Louisiane à partir de 2022. Un groupe de Scouts a levé le drapeau américain pendant que la fanfare de Brusly High School ont joué l’hymne national. Le prêtre de l’église catholique St. John the Baptist a prononcé une prière, et le juge Paul B. Landry, Jr. a fait un discours d’ouverture. Harnett T. Kan, un auteur de la Nouvelle-Orléans et membre du National Civil War Centennial Commission au niveau fédéral, a fait le discours principal. Kane a commencé avec des remarques que Henry Watkins Allen a fait quand il a quitté la Louisiane pour aller en exile au Mexique: “Que les deux parties enterrent toute jalousie, toute haine, toute idée de revanche.”
Après des commentaires d’Angela elle mème, Puffy Dameron a dévoilé la statue. L’événement s’est terminé avec une prière prononcée par le curé du West Baton Rouge Presbyterian Church, et la chanson “Dixie,” qui était l’hymne national des États Confédérés.
Photo caption: Angela Gregory et Theodore E. “Teddy” Landry travaillent ensemble sur l’aménagement paysager pour le monument à Henry Watkins Allen, 1961. West Baton Rouge Historical Association collection
La Création du Monument
Angela Gregory a travaillé sur le monument à Henry Watkins Allen pendant deux ans. Comme ses commissions avant, elle était minutieuse dans sa recherche et préparation. Elle a étudié la biographie d’Allen et a même acquit une photographe de lui pour assurer que son portrait soit fidèle. Après avoir fait plusieurs ésquisses, Angela a créé plusieurs petites maquettes; puis elle a préparé un modèle réduit pour montrer au comité. Le comité a approuvé son dessein, alors Angela a fait un modèle final à pleine grandeur. La fonderie Bedi-Rassy à New York a utilisé ce modèle final pour créer la statue en bronze. Ce processus a pris trois mois. Pendant ce temps, Angela a préparé la base de la statue en calcaire, et a coordonné avec Teddy et Lou Landry sur l’aménagement paysager. La statue était livrée de la fonderie jusqu’en Louisiane dans le mois de mai 1962.
La Maquette pour le Monument à Henry Watkins Allen
Pour ce monument, Angela Gregory Angela voulait encourager le public à considérer Henry Watkins Allen avec une nouvelle perspective. La plupart des monuments en l’honneur des chefs des États Confédérés représentent leurs sujets d’une façon imposante, debout ou à cheval, souvent avec une épée levée. Mais Angela ne voulait pas représenter Henry Watkins Allen comme héros ou martyr. Alors elle a choisi de présenter Allen assis, dans une posture pensive, avec la tête dans sa main et son épée sur les cuisses, pour accentuer ses jambes blessées – comme s’il était en train de surveiller la destruction de la guerre dans laquelle il était provocateur.
Pour la base de pierre, Angela a choisi une citation tirée d’une lettre Allen a écrit après la fin de la guerre: “Oublions le passé, regardons vers le futur.”
Angela a donné cette maquette en plâtre au comité pour l’approbation de son dessein.
Henry Watkins Allen
Henry Watkins Allen (1820-1866) est né dans l’état de Virginie; il est devenu avocat et planteur dans l’état du Mississippi. En 1852, il a acheté la plantation de Westover dans la paroisse de West Baton Rouge avec son associé commercial, William Nolan. La propriété de 125 personnes en esclavage a été inclus dans la vente de la plantation; quand il a déménagé en Louisiane, Allen a aussi amené des esclaves de sa plantation au Mississippi. Trois ans plus tard, Allen et Nolan ont mis fin à leur association et divisé la plantation Westover en deux. Allen a nommé son terrain Allendale. Il a laissé le fonctionnement de la plantation à des superviseurs pour pouvoir voyager. Il a beaucoup écrit à propos du sud des États-Unis et son peuple – y compris des défenses passionnées de l’esclavage et la suprématie blanche. Il a été un législateur pour la Louisiane entre 1853 et 1854.
Quand la Guerre Civile (la Guerre de Sécession Americaine) a commencé, Allen s’est engagé dans l’armée des États Confédérés et a été accepté comme officier. Il a participé dans des batailles à Shiloh, Tennessee et Vicksburg, Mississippi. Pendant la bataille à Bâton Rouge, un coup de canon a brisé ses deux jambes, ce qui l’a rendu handicapé pour le reste de sa vie. Malgré ses blessures, Allen a été promu brigadier-général, et ensuite nommé comme candidat pour gouverneur de la Louisiane par ses amis. Il a gagné l’élection sans opposition.
Henry Watkins Allen a été gouverneur de la Louisiane pendant qu’elle faisait partie des États Confédérés - entre 25 janvier 1864 et 2 juin 1865. Il a beaucoup fait pour aider la population (blanche) de la Louisiane, qui devenait de plus en plus pauvre pendant cette période. Allen a créé un système des magasins administrés par le gouvernement, avec des produits bon marché pour soulager les difficultés associées à la guerre. Son administration a établi une monnaie unique pour tout l’état, et a organisé une route commerciale jusqu’au Mexique pour l’exportation du coton et l’importation des nécessités vitales (car le commerce avec les États-Unis n’était plus possible). “Cotton cards” (un outil pour transformer les fibres de coton, essentiel dans la production du tissu) ont été distribués gratuitement aux citoyens par le gouvernement. Allen a approuvé la distribution des médicaments et a réservé de l’argent pour l’entretien des écoles publiques.
Comme beaucoup de chefs et officiers des États Confédérés, Allen a été accusé de la haute trahison à la fin de la Guerre Civile, et a fui pour éviter des conséquences. En 1865, il est allé en exil au Mexique, où il est décédé en 1866. Son corps était ramené en Louisiane et enterré à la Nouvelle-Orléans, mais en 1885 il a été inhumé à nouveau sur le terrain du Capitole à Bâton Rouge (actuellement le Vieux Capitole au centre-ville).
La Plantation Allendale
Allendale, la plantation de Henry Watkins Allen, était une des plantations le plus rentable de la paroisse de West Baton Rouge. Des centaines de personnes en esclavage travaillaient dans les champs ou en tant qu’ouvrier spécialisé (des cuisiniers, des forgerons, des tonneliers, etc.). Mais nous connaissons très peu sur la vie de ces gens qui ont vraiment construit et cultivé la plantation Allendale. Henry Watkins Allen lui-même était souvent absent – au voyage ou dans la guerre. Valery Trahan, une personne en esclavage qui travaillait comme valet pour Allen, est allé partout avec lui pendant la guerre, mais Lavinia, la femme de Valery, est restée à la plantation avec leurs enfants.
Quand Allen est parti de la plantation au début de la guerre, Barnabus Stevens, un superviseur, a géré le fonctionnement d’Allendale. L’armée des États-Unis a mis le feu à la maison principale et à la sucrerie (l’usine où le sucre est fabriqué à partir de la canne à sucre). La plantation a été mise en vente plusieurs fois après la mort d’Allen. En 1882, Allendale a été acheté enfin par deux frères de la famille Kahao, qui avaient travaillé sur la plantation comme superviseurs auparavant. Au fil des années, ces deux frères ont acheté des autres terrains autour d’Allendale, qui ont été ajoutés à la plantation. Ils ont fait construire une sucrerie neuve aussi. Aujourd’hui, Allendale est encore la propriété de la famille Kahoa. Des descendants des personnes en esclavage à Allendale habitent encore dans la paroisse de West Baton Rouge.
En 1959 un panneau a été mis en place pour designer la plantation Allendale comme site historique. Ce projet a été mené par Puffy Dameron et le West Baton Rouge Museum, qui était récemment fondé à cette époque. Plusieurs cases habitées par des personnes en esclavage (et, plus tard, des ouvriers libres) ont été déplacées de la plantation jusqu’au campus du musée, ce qui a sauvé ces bâtisses historiques de la destruction. La plantation Allendale a été accepté dans le National Register of Historic Places en 1996.
Le Moule pour les Médaillons
Angela Gregory était aussi impliquée dans la création des médiallons commemoratifs pour le centenaire de la Guerre Civile. Ces médaillons étaient fabriquées par le Franklin Mint et vendu par le National Commemorative Society en 1965. Angela a créé des moules qui figuraient le visage en profil de Ulysses S. Grant, général des États-Unis, avec le slogan de sa campagne de gouverneur en 1868, “Que nous ayons de la paix” en haut. L’autre visage en profil est celui de Robert E. Lee, général de l’armée des États Confédérés, avec un dicton qui lui est attribué: “Que nous lui enseignions de se nier.”
L’Art Public Aujourd’hui
Les monuments dédiés aux hommes des États Confédérés sont devenus controverses. Ils sont souvent sujets de vandalisme, et certains ont été ôtés des endroits publics. Beaucoup de ces monuments, particulièrement ceux érigés pendant l’époque Jim Crow, étaient des symboles de la suprématie blanche, conçu pour intimider la population noire et pour promouvoir une image idéalisée de la vie sur les plantations. Le monument en l’honneur de Henry Watkins Allen, créé au sommet de l’époque du mouvement des droits civiques, n’a rien fait pour guérir le clivage dans la société américaine. Aujourd’hui, le monument sert comme rappel de l’histoire troublée des États-Unis.
La Belle Augustine
Angela Gregory était une parmi très peu d’artistes dans la première moitié du 20e siècle qui essayait de représenter des afro-américains dans son art. À ses yeux, toute personne avait ce qu’il fallait pour être un sujet d’art, quelle que soit leur race, éthnicité, ou classe sociale. Après ses études à Paris, Angela est revenue à la Nouvelle-Orléans en 1928 pour commencer sa carrière. Elle cherchait de l’inspiration dans son environnement, et a invité la fille de la femme de ménage à poser pour une sculpture. Angela a nommé ce portrait en buste “La Belle Augustine.” Cette sculpture est considérée comme un de ses chef-d’oeuvres.
La Madone de la Plantation
Dans les années 1930, pendant un séjour à Port Gibson, dans l’état du Mississippi, Angela Gregory est devenue amie avec les membres de la famille Atlas; avec leur permission, elle a fait plusieurs esquisses d’eux. Le résultat était cette sculpture célébrée d’une mère fatiguée avec ces trois enfants, intitulé “la Madone de la Plantation.” Angela a fait beaucoup de portraits des afro-américains, toujours avec l’objectif de mettre en valeur leur dignité et persévérance.